Le 14 septembre 2026, la Haute Autorité de santé publie de nouvelles recommandations sur la prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire, accompagnées d'un communiqué. Elles visent à réduire les prescriptions inutiles et à harmoniser les pratiques.
Photo SHVETS production sur Pexels
CONTEXTE
La HAS rappelle que l'antibiorésistance demeure un enjeu de santé publique. Selon l'Assurance Maladie, les chirurgiens-dentistes occupaient en 2022 la 2e place des prescripteurs de ville, derrière les médecins généralistes. Saisie par le Conseil National Professionnel des Chirurgiens-dentistes, la HAS a réuni un groupe pluridisciplinaire comprenant des médecins généralistes, des pédiatres, des infectiologues, des pharmaciens et des représentants des usagers. Ces travaux s'inscrivent dans la stratégie nationale 2022-2025 de Prévention des Infections et de l'Antibiorésistance. Les recommandations s'adressent aux professionnels impliqués dans la prescription d'antibiotiques en pratique bucco-dentaire. Elles concernent les adultes et les enfants, en population générale comme chez les patients à risque infectieux augmenté.
CE QUI EST CONFIRMÉ
La douleur dentaire est le plus souvent d'origine inflammatoire et ne nécessite pas d'antibiothérapie à elle seule. La prise en charge repose d'abord sur un geste local traitant la cause et sur un traitement antalgique adapté.
L'antibioprophylaxie ne doit pas être systématique. Elle est indiquée uniquement dans des situations identifiées où le bénéfice est avéré. Ces situations dépendent du type d'acte et du profil du patient : certaines situations en population générale, patients à risque infectieux augmenté ou patients à haut risque d'ostéonécrose des mâchoires.
Face à une infection, l'antibiothérapie n'est pas toujours nécessaire. Quand elle l'est, la HAS recommande de la prescrire autant que possible en complément d'un geste local traitant la cause de l'infection.
Une réévaluation de l'état de santé doit être effectuée dans les 48 à 72 heures suivant le début du traitement.
Pour de nombreuses infections, un traitement court a montré des résultats cliniques similaires à un traitement plus long.
Dans la majorité des situations, l'amoxicilline reste l'antibiotique de première intention, avec des alternatives précisées en cas d'allergie avérée ou de contre-indication.
Le communiqué indique que les données ne montrent pas d'intérêt à prescrire automatiquement un antibiotique en même temps qu'un anti-inflammatoire. La HAS recommande de ne pas associer systématiquement une antibiothérapie à un anti-inflammatoire stéroïdien ou non stéroïdien.
Des fiches outils sont mises à disposition des médecins, des chirurgiens-dentistes et des patients.
CE QUI POSE QUESTION
Le communiqué ne précise pas le contenu détaillé de la recommandation de bonne pratique publiée le même jour. Les posologies, les durées précises et les critères exacts d'identification des patients à risque ne figurent pas dans le communiqué. Le contenu des fiches outils destinées aux médecins n'est pas détaillé. Les modalités de concertation entre médecin généraliste et chirurgien-dentiste pour la réalisation du geste local ne sont pas décrites. Le communiqué ne mentionne pas de calendrier de mise en oeuvre ni d'éventuel texte d'application.
L'IMPACT FINANCIER & ORGANISATIONNEL
Le communiqué ne chiffre aucun impact financier pour le cabinet. Sur le plan organisationnel, le médecin généraliste peut s'appuyer sur ces recommandations pour ne pas prescrire d'antibiotique face à une douleur dentaire isolée. Il doit orienter le patient vers un geste local et un traitement antalgique. Toute antibiothérapie engagée impose une réévaluation à 48-72 heures, ce qui peut nécessiter une consultation de suivi. Les fiches outils de la HAS peuvent servir d'appui en consultation pour expliquer la décision au patient.
LE REGARD DU CERCLE
Ces recommandations confortent une prescription raisonnée. Pour le médecin généraliste, elles fournissent un appui utile face à une demande d'antibiotique pour une douleur dentaire : la réponse de première intention est un geste local et un traitement antalgique, pas un antibiotique. Elles facilitent les échanges avec le chirurgien-dentiste, en rappelant que l'antibiothérapie, lorsqu'elle est indiquée, vient en complément du geste local et non en remplacement. Le Cercle y voit un référentiel clair pour les situations courantes du cabinet.
RECOMMANDATIONS
Médecin généraliste : face à une douleur dentaire isolée, orientez le patient vers un geste local et un antalgique plutôt qu'un antibiotique, en vous appuyant sur la recommandation HAS du 14 septembre 2026 et ses fiches outils, et programmez une réévaluation à 48-72 heures pour toute antibiothérapie bucco-dentaire engagée.
Médecin traitant suivant des patients à risque infectieux : vérifiez l'indication d'une antibioprophylaxie avant un soin dentaire en vous référant aux situations listées par la HAS du 14 septembre 2026.




