La campagne de prévention de la bronchiolite du nourrisson 2026-2027 débute le 14 septembre 2026 et s'achève le 28 février 2027 en France métropolitaine. Les ARS Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes ont publié leurs documents d'information les 14 et 15 septembre 2026.

BRONCHIOLITE DU NOURRISSON : DEUX STRATÉGIES DE PRÉVENTION À INTÉGRER AU CABINET

Photo Saúl Sigüenza sur Pexels

CONTEXTE

Le virus respiratoire syncytial est la première cause de bronchiolite du nourrisson. Il touche près de 30 % des enfants de moins de 2 ans, selon l'ARS Pays de la Loire, avec un pic habituellement observé en décembre. La campagne associe des mesures simples (lavage des mains, aération, port du masque en cas de rhume, éviction des lieux publics confinés) et des traitements préventifs. 2 stratégies existent : la vaccination maternelle par Abrysvo et l'immunisation passive des nourrissons par anticorps monoclonaux. La HAS n'exprime pas de préférence entre ces 2 stratégies, selon l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

CE QUI EST CONFIRMÉ

La vaccination maternelle par Abrysvo est recommandée entre septembre 2026 et janvier 2027, selon l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes. La fenêtre d'administration d'Abrysvo est de 32 à 36 semaines d'aménorrhée selon le tableau de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes et le texte de l'ARS Pays de la Loire. Le document Auvergne-Rhône-Alpes mentionne aussi 24 à 36 semaines dans sa partie administration. Abrysvo est disponible en pharmacie ou en établissement de santé à compter du 14 septembre 2026, selon l'ARS Pays de la Loire, et pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.

Beyfortus (nirsévimab), anticorps monoclonal en injection unique, est indiqué pour les nourrissons lors de leur première saison d'exposition au VRS et les enfants jusqu'à 24 mois vulnérables. Il s'administre en maternité ou en ville, par médecins, sages-femmes, infirmiers et PMI. Remboursement : 100 % en établissement, 65 % en ville (contre 30 % les saisons précédentes), selon l'ARS Pays de la Loire.

Enflonsia (clesrovimab), anticorps monoclonal en dose fixe de 105 mg, est destiné aux nourrissons de moins d'un an selon l'ARS Pays de la Loire. Mêmes modalités d'administration et de remboursement que Beyfortus.

Synagis (palivizumab) est réservé aux nourrissons à haut risque (prématurés, cardiopathies, pathologies pulmonaires suivies en spécialité). Il s'administre uniquement en établissement de santé, sur avis spécialisé, en injection mensuelle. L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes précise qu'il est disponible en rétrocession hospitalière et remboursé à 100 %.

En ville, les médecins sont concernés à partir du 14 septembre 2026. Les pharmaciens, sages-femmes et infirmiers démarrent à partir d'octobre 2026, selon l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

La traçabilité en ville passe par le carnet de santé : date, dose, lot et étiquette pour Beyfortus, selon l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Pour Abrysvo, la traçabilité se fait dans le carnet de santé de la femme enceinte.

CE QUI POSE QUESTION

Plusieurs points diffèrent entre les 2 sources. Les dates de rattrapage de Beyfortus divergent : l'ARS Pays de la Loire retient les enfants nés entre le 21 février et le 13 septembre 2026, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes ceux nés entre le 1er février et le 31 août 2026. La fenêtre Abrysvo n'est pas homogène : le tableau d'Auvergne-Rhône-Alpes et le texte de Pays de la Loire retiennent 32 à 36 semaines d'aménorrhée, mais le paragraphe d'administration du document Auvergne-Rhône-Alpes mentionne 24 à 36 semaines. La cible d'Enflonsia diffère : moins d'un an pour Pays de la Loire, sans borne d'âge supérieure pour Auvergne-Rhône-Alpes. Le pic épidémique diffère : décembre pour Pays de la Loire, novembre pour Auvergne-Rhône-Alpes. Les documents ne précisent pas la cotation de l'injection en ville pour Beyfortus ou Enflonsia, ni les conditions de prescription de ces anticorps monoclonaux en ville.

L'IMPACT FINANCIER & ORGANISATIONNEL

La campagne impose d'intégrer le suivi de grossesse et du nourrisson. Abrysvo est pris en charge à 100 % dans le forfait grossesse, selon l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Beyfortus et Enflonsia sont remboursés à 65 % en ville, avec tiers payant possible et prise en charge intégrale par la C2S ou l'AME. Le taux de 65 % en ville remplace le taux de 30 % des saisons précédentes pour Beyfortus, d'après l'ARS Pays de la Loire.

Le médecin doit vérifier le statut vaccinal de la mère avant toute immunisation du nourrisson, afin d'éviter une double immunisation. Le délai de 14 jours après vaccination maternelle conditionne l'utilité de l'anticorps monoclonal. Le rattrapage doit être réalisé avant le pic épidémique, qui survient en décembre selon l'ARS Pays de la Loire et en novembre selon l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes, notamment pour les nourrissons nés avant septembre 2026. La traçabilité dans le carnet de santé est requise pour chaque injection.

La conservation des produits impose une organisation précise : Beyfortus doit être utilisé dans les 8 heures après sortie du réfrigérateur et à l'abri de la lumière. Abrysvo doit être administré immédiatement après reconstitution, ou dans les 4 heures s'il est conservé entre 15 et 30 °C.

LE REGARD DU CERCLE

La campagne 2026-2027 ne hiérarchise pas vaccination maternelle et immunisation passive du nourrisson. Pour la médecine générale, le point de vigilance est calendaire : repérer les femmes enceintes dès 32 semaines d'aménorrhée, programmer les rattrapages des nourrissons nés depuis février avant le pic épidémique, et ne pas immuniser un nourrisson sans avoir vérifié la vaccination maternelle. Les écarts factuels obligent à vérifier le calendrier retenu par son ARS avant d'agir.

RECOMMANDATIONS

Médecin généraliste : vérifiez le statut vaccinal maternel et la date d'administration d'Abrysvo avant toute immunisation d'un nourrisson par Beyfortus, Synagis ou Enflonsia, afin d'éviter une double immunisation, et confirmez auprès de votre ARS le calendrier de rattrapage Beyfortus avant d'immuniser un nourrisson né entre le 1er février et le 31 août 2026, les 2 pages ARS retenant des bornes différentes.

Médecin traitant suivant des femmes enceintes : prescrivez Abrysvo après avoir vérifié la fenêtre retenue par votre ARS, car les documents mentionnent 32 à 36 semaines ou 24 à 36 semaines d'aménorrhée, et inscrivez l'injection dans le carnet de santé de la patiente.