Le 25 août 2026, l’ARS Nouvelle-Aquitaine publie un point de situation sur les cas autochtones d’arboviroses dans la région. La Dordogne compte un cas de dengue et la Gironde plusieurs foyers de chikungunya.
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Contexte
Le moustique tigre Aedes albopictus transmet la dengue et le chikungunya. La surveillance renforcée dans l’Hexagone s’étend du 1er mai au 30 novembre 2026. En Nouvelle-Aquitaine, l’ARS, Santé publique France, les collectivités territoriales et deux opérateurs de démoustication coordonnent leur action. Le Conseil départemental 17 intervient pour la Charente et la Charente-Maritime. Altopictus couvre les autres départements. Dès la déclaration d’un cas confirmé, une enquête épidémiologique est lancée, avec porte-à-porte, recherche de cas secondaires et démoustication ciblée.
Ce qui est confirmé
- Au 25 août 2026, les cas confirmés en Nouvelle-Aquitaine sont : 1 cas de dengue à Mouleydier en Dordogne ; 1 cas de chikungunya à Saint-Médard-en-Jalles, 19 cas à Prignac-et-Marcamps, 2 cas à Talence et 1 cas à Cavignac en Gironde.
- Le premier cas d’un foyer autochtone repose sur une confirmation biologique, sérologie ou PCR positive, avec double contrôle par le centre national de référence des arbovirus. Un cas secondaire repose sur un lien épidémiologique avec le cas index et une confirmation biologique.
- Les symptômes évocateurs sont une forte fièvre, des douleurs articulaires ou musculaires, une fatigue, des maux de tête et une éruption cutanée. L’ARS demande aux personnes présentant ces symptômes de consulter immédiatement leur médecin traitant, notamment au retour d’une zone où circulent les virus.
- Un malade peut transmettre le virus aux moustiques jusqu’au 7e jour après le début des symptômes, même si ceux-ci ont disparu.
- Dans les foyers de circulation autochtone, le port de vêtements couvrants et amples, l’application d’un répulsif cutané le matin et en fin de journée, l’installation de moustiquaires pour les nouveau-nés ou les personnes alitées et l’utilisation d’un ventilateur sont conseillés. Les bracelets anti-insectes, huiles essentielles, appareils sonores à ultrasons, rubans, papiers et autocollants gluants ne sont pas recommandés, leur efficacité n’ayant pas été démontrée.
- La suppression des eaux stagnantes est demandée : vider les coupelles et tout récipient retenant de petites quantités d’eau au moins une fois par semaine, ranger à l’abri de la pluie les objets pouvant contenir de l’eau et couvrir les réserves d’eau.
Ce qui pose question
Le point de situation ne précise pas le circuit de déclaration par le médecin libéral lorsqu’il suspecte un cas. Il ne détaille pas non plus la prise en charge thérapeutique des cas confirmés. Les bulletins de Santé publique France nationaux et régionaux n’ont pas la même périodicité ni le même jour de parution. Le document précise que certains chiffres peuvent différer et que le document le plus récent comporte les informations les plus à jour au moment de la publication.
L'impact financier & organisationnel
Le document ne mentionne aucune cotation, rémunération ou indemnité spécifique pour le dépistage, la prise en charge ou la prévention des arboviroses en médecine de ville. Sur le plan organisationnel, les médecins libéraux, les hôpitaux et les laboratoires d’analyses médicales des secteurs concernés sont mobilisés pour prendre en charge les personnes symptomatiques, dépister et rappeler les mesures de prévention. Pour le cabinet, cela impose d’interroger tout patient fébrile sur une résidence ou un séjour dans les communes de Gironde et de Dordogne concernées, de prescrire une confirmation biologique adaptée et de remettre les consignes de protection anti-vectorielle.
Le regard du Cercle
L’apparition de cas autochtones de chikungunya et de dengue en Nouvelle-Aquitaine fait entrer l’arbovirose dans la démarche diagnostique courante des généralistes. La confirmation biologique précoce et la protection anti-vectorielle immédiate sont les deux leviers qui permettent de limiter la transmission locale. La médecine générale de premier recours a ici une place opérationnelle claire : repérer les cas secondaires, prescrire sérologie ou PCR, expliquer sans délai les gestes de protection.
Recommandations
Médecin généraliste : Devant une forte fièvre avec douleurs articulaires ou musculaires, fatigue, maux de tête ou éruption cutanée, prescrire une sérologie ou une PCR dengue/chikungunya et interroger le patient sur une résidence ou un séjour en Gironde, en Dordogne ou au retour d’une zone de circulation virale.
Médecin traitant : Rappeler au patient symptomatique qu’il peut transmettre le virus aux moustiques jusqu’au 7e jour après le début des symptômes, même après leur disparition, et lui demander de porter des vêtements couvrants et d’appliquer un répulsif cutané le matin et en fin de journée.
Médecin généraliste : Consulter le point de situation de l’ARS Nouvelle-Aquitaine daté du 25 août 2026 avant d’interpréter les chiffres locaux, en tenant compte de la différence de périodicité entre le bulletin régional et le bulletin national de Santé publique France.



