Le 16 septembre 2026, l'ANSM a publié une actualité sur les traitements préventifs contre le virus respiratoire syncytial (VRS). Elle confirme un profil de sécurité rassurant et signale des erreurs médicamenteuses qui persistent.
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CONTEXTE
Deux stratégies coexistent pour prévenir la bronchiolite à VRS. Les vaccins Abrysvo, Arexvy et mResvia sont destinés aux adultes. Abrysvo est recommandé chez la femme enceinte entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée. Chez l'adulte, les vaccins sont recommandés à partir de 75 ans et à partir de 65 ans en cas de maladies respiratoires ou cardiaques. Le nirsévimab (Beyfortus), anticorps monoclonal, est administré en une injection aux nouveau-nés, aux nourrissons pendant leur première saison d'exposition et aux enfants jusqu'à 24 mois restant vulnérables. Ces deux stratégies ne doivent pas être combinées, sauf exception évaluée au cas par cas. L'ANSM fonde son analyse sur deux enquêtes nationales de pharmacovigilance, avec les centres régionaux de Rennes, Rouen, Montpellier et Toulouse, portant sur la période du 1er mars 2025 au 28 février 2026.
CE QUI EST CONFIRMÉ
Les données de pharmacovigilance des vaccins Abrysvo, Arexvy et mResvia sur la période n'ont pas mis en évidence de nouveau risque. La majorité des cas déclarés concernent des erreurs médicamenteuses sans effets indésirables associés.
Pour Abrysvo chez la femme enceinte, aucun nouveau risque n'a été identifié. Une dizaine de cas d'accouchements prématurés ont été déclarés, sans que le lien avec le vaccin puisse être établi. L'étude pharmaco-épidémiologique Epi-phare menée sur la campagne 2024-2025 chez des femmes vaccinées entre 32 et 36 semaines d'aménorrhée ne montre pas d'augmentation du risque d'accouchement prématuré. Deux cas de paralysie faciale d'évolution favorable ont été déclarés ; les données disponibles sont insuffisantes pour établir un lien.
Des cas de bronchiolite ont été signalés chez des nourrissons dont la mère avait été vaccinée pendant la grossesse, le plus souvent très peu de temps avant l'accouchement. Le communiqué rappelle que plusieurs jours sont nécessaires après la vaccination maternelle pour produire des anticorps transmis au fœtus.
Pour le nirsévimab, aucun nouveau risque n'a été identifié. Plus de la moitié des déclarations recueillies sur la période portent sur des nourrissons ayant développé une bronchiolite à VRS malgré l'administration de Beyfortus, généralement sans conséquence grave. L'étude Epi-phare de 2025 a confirmé l'efficacité du nirsévimab. Les données ne confirment pas certains risques potentiels évoqués dans le premier rapport 2023-2024 : syndrome grippal, diminution de l'appétit, baisse du tonus musculaire, risque d'accident vasculaire cérébral. Ces signaux restent suivis par précaution.
Les erreurs médicamenteuses persistent. Le rapport d'enquête de pharmacovigilance consacré au nirsévimab fait état de 91 erreurs médicamenteuses, comportant 114 événements indésirables, rapportées par les centres régionaux de pharmacovigilance sur la période. L'ANSM cite l'administration d'un vaccin VRS à un nourrisson au lieu d'un anticorps monoclonal, l'administration d'une dose incorrecte ou une double administration. Elle appelle les professionnels de santé à la vigilance.
CE QUI POSE QUESTION
Le lien entre l'administration d'Abrysvo et les accouchements prématurés n'est pas établi. Pour les paralysies faciales, les données disponibles ne permettent pas de conclure.
Les signaux évoqués dans le premier rapport 2023-2024 ne sont pas confirmés par les données de la période, sans être écartés pour autant : ils restent suivis par précaution, sans calendrier de réévaluation indiqué.
IMPACT FINANCIER & ORGANISATIONNEL
En cabinet, la surveillance impose des vérifications avant prescription ou administration : respecter la fenêtre de 32 à 36 semaines d'aménorrhée pour Abrysvo, ne pas combiner vaccin et anticorps monoclonal, contrôler l'absence de double administration chez le nourrisson. La survenue de bronchiolites chez des nourrissons nés de mères vaccinées peu avant l'accouchement rappelle l'importance de la planification de la vaccination maternelle suffisamment en amont de l'accouchement.
REGARD DU CERCLE
Les données 2025-2026 lèvent l'essentiel des doutes initiaux sur le nirsévimab et les vaccins adultes. L'enjeu pour la médecine générale se déplace vers le bon usage : une erreur d'administration expose à une absence de protection contre le VRS ou à un effet non souhaité. La vérification de la stratégie reçue par chaque patient doit devenir un réflexe de consultation, en particulier au décours d'une sortie de maternité.
RECOMMANDATIONS
Médecin généraliste : vérifiez avant toute administration ou prescription de Beyfortus que le nourrisson n'a pas déjà reçu un vaccin VRS et ne reçoit pas les deux stratégies simultanément.
Médecin traitant suivant des femmes enceintes : planifiez la vaccination Abrysvo entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée afin de laisser plusieurs jours avant l'accouchement pour la production d'anticorps transmis au fœtus.
Médecin généraliste : déclarez au centre régional de pharmacovigilance toute erreur médicamenteuse ou toute bronchiolite sous Beyfortus, même sans effet indésirable grave.
DOCUMENTS & LIENS UTILES
TRAÇABILITÉ
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)





