Le 9 septembre 2026, l'ANSM a publié une actualité sur les chimiothérapies à base de fluoropyrimidines. Elle rappelle l'obligation du dépistage du déficit en DPD avant traitement et la nécessité d'adapter les doses, après un cas évitable de toxicité grave déclaré en 2025.
Photo batuhan toker sur Le Cercle des Généralistes
CONTEXTE
Les fluoropyrimidines (5-FU et capécitabine) traitent certains cancers. Elles peuvent provoquer des toxicités sévères, parfois mortelles, chez les patients présentant un déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), enzyme qui élimine ces médicaments. Depuis 2018, l'ANSM mène une enquête nationale de pharmacovigilance sur les cas graves évitables. À la demande de la Direction générale de la santé, l'ANSM et l'INCa ont élaboré avec un groupe pluridisciplinaire un avis national pour adapter la dose initiale selon le déficit en DPD.
CE QUI EST CONFIRMÉ
Le document confirme plusieurs points :
- Un test de dépistage du déficit en DPD est obligatoire avant toute initiation de traitement par fluoropyrimidine.
- L'ANSM et l'INCa ont rendu un avis national d'experts pour adapter la dose initiale en cas de déficit partiel en DPD.
- En 2025, un cas d'erreur médicamenteuse évitable a été signalé chez une patiente au déficit partiel connu sans adaptation de dose.
- L'enquête nationale de pharmacovigilance mise en place en 2018 suit les cas d'effets indésirables graves évitables.
CE QUI POSE QUESTION
Le communiqué ne précise pas les modalités exactes d'adaptation posologique en cas de déficit partiel en DPD, ni les seuils d'uracile retenus dans l'avis national. Il ne détaille pas non plus le contenu des mesures correctrices mises en place dans l'établissement de santé concerné par le cas de 2025. Il renvoie, pour le détail, à l'avis national d'experts et au rapport d'enquête de pharmacovigilance.
IMPACT FINANCIER & ORGANISATIONNEL
Le document n'évoque pas d'impact financier direct pour le médecin généraliste. Sur le plan organisationnel, le médecin généraliste qui suit des patients traités par fluoropyrimidines doit vérifier que le dépistage du déficit en DPD a été réalisé avant toute initiation et adapter la prescription en cas de déficit partiel. Le suivi rapproché des patients sous capécitabine, notamment la détection des signes de toxicité, s'ajoute aux tâches de coordination avec l'oncologue et le pharmacien.
REGARD DU CERCLE
Le rappel de l'ANSM confirme que la sécurité des chimiothérapies orales repose en partie sur le médecin généraliste. Pour les patients sous capécitabine, le renouvellement de prescription en ville doit s'accompagner d'une vérification du statut DPD et de la dose adaptée. La déclaration des effets indésirables graves sur le portail de signalement constitue un acte de pharmacovigilance à la portée de chaque cabinet. La coordination avec l'oncologue et le pharmacien reste déterminante pour éviter les erreurs médicamenteuses.
RECOMMANDATIONS
Médecin généraliste : Vérifiez, avant toute première prescription de capécitabine ou de 5-FU, que le test de dépistage du déficit en DPD a été réalisé et que son résultat figure dans le dossier patient.
Médecin traitant suivant un patient sous fluoropyrimidines : Consultez l'avis national d'experts de l'ANSM et de l'INCa pour adapter la dose initiale en cas de déficit partiel en DPD, en tenant compte de la situation clinique du patient.
Médecin généraliste : Déclarez sur le portail de signalement de l'ANSM tout effet indésirable grave survenant chez un patient traité par fluoropyrimidines, en précisant le statut DPD et la dose prescrite.
DOCUMENTS & LIENS UTILES
TRAÇABILITÉ
ANSM



