IA et santé : usage des assistants conversationnels par les patients : données britanniques 2026

Situation

Selon une étude britannique, une personne sur sept a déjà consulté un chatbot pour des conseils médicaux plutôt qu'un médecin généraliste, et plus de la moitié des utilisateurs se disent satisfaits des résultats.

Contexte

L'étude, menée par le Policy Institute du King's College de Londres et le programme Responsible AI UK auprès de 2 000 Britanniques, révèle que 10 % des sondés ont utilisé l'IA comme thérapeute en santé mentale. Les motivations principales sont la commodité (46 %), la curiosité (45 %), le doute sur la nécessité d'une consultation (39 %) et les délais d'attente du NHS (25 %).

Ce qui est confirmé

59 % des utilisateurs d'IA pour la santé physique et 53 % pour la santé mentale jugent l'outil bénéfique. Ce chiffre monte à 68 % chez ceux qui l'ont utilisé spécifiquement pour la santé mentale. En revanche, 42 % des Britanniques estiment que ces outils nuisent à la santé mentale et 33 % à la santé physique. Une étude antérieure citée dans l'article indique que les chatbots échouent dans plus de 80 % des diagnostics précoces. Par ailleurs, 20 % des utilisateurs déclarent que le chatbot ne les a pas encouragés à consulter un médecin, et 21 % ont renoncé à une consultation à cause d'une remarque de l'IA.

Ce qui pose question

L'absence de cadre réglementaire unique pour l'IA en santé au Royaume-Uni est préoccupante : 76 % des sondés souhaitent une approbation et une régulation officielles. La question de la responsabilité en cas d'erreur reste floue : 34 % des personnes tiendraient le médecin pour responsable, contre seulement 6 % l'entreprise développant l'outil. Enfin, la confiance reste très inégale : 46 % des Britanniques font davantage confiance à un médecin qu'à l'IA pour la thérapie psychologique, contre seulement 1 % pour l'IA.

L'impact financier & organisationnel

L'étude ne fournit pas de données chiffrées sur les coûts directs. Cependant, le recours à l'IA comme alternative aux soins primaires pourrait réduire la pression sur le NHS à court terme, mais expose à des risques de diagnostics erronés et de retards de prise en charge, générant des coûts indirects potentiellement élevés. Pour le patient, l'utilisation d'un chatbot est souvent gratuite, mais elle peut conduire à des consultations médicales tardives, plus coûteuses et plus lourdes. L'absence de remboursement et de cadre tarifaire pour ces outils interroge sur leur viabilité économique réelle.

Le regard du Cercle

En l'absence d'un cadre de régulation harmonisé et d'une information explicite délivrée au patient, l'usage des assistants conversationnels d'IA expose à un risque documenté de retard diagnostique et de fragmentation du parcours de soins. Le débat français sur la durée des études et l'intégration de l'IA dans la formation médicale, ouvert par l'audition parlementaire du 7 avril 2026, n'a pas encore débouché sur des propositions chiffrées et reste à structurer.

Recommandations

Médecin généraliste en consultation : Informer systématiquement les patients que les chatbots d'IA ne remplacent pas un avis médical et les orienter vers une consultation en cas de doute diagnostique.

Médecin généraliste en début de consultation : Interroger systématiquement les patients sur leur éventuel recours à l'IA (chatbot, assistant conversationnel) avant la consultation, afin de détecter les erreurs ou retards de diagnostic et de tracer l'information dans le dossier.

Médecin généraliste recevant un patient ayant utilisé un assistant conversationnel d'IA : Documenter dans le dossier patient le nom de l'outil d'IA consulté, la date de la consultation IA, et le contenu de l'orientation fournie (texte ou capture d'écran si disponible), afin de tracer l'origine d'éventuelles informations contradictoires et de constituer une preuve écrite en cas de mise en cause ultérieure (responsabilité médicale, art. L.1142-1 CSP).

Sources

Traçabilité : Presse généraliste (BFM Business) relayant une étude du Policy Institute du King's College de Londres et du programme Responsible AI UK