Le 25 août 2026, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF) ont publié un rapport sur le temps de travail des médecins en ville et à l’hôpital. Le rapport constate une baisse du nombre de jours d’exercice libéral entre 2021 et 2025, sans diminution équivalente de l’offre de soins.
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Contexte
Le Premier ministre a confié à l’Igas et à l’IGF une mission pour dresser un état des lieux du temps de travail médical. La mission devait recenser les données disponibles, analyser les évolutions du temps de travail en ville et à l’hôpital, et examiner l’organisation et le pilotage du temps de travail dans les hôpitaux publics.
Ce qui est confirmé
Le rapport met en évidence un déficit de connaissance du temps de travail des médecins. Les données existantes permettent de suivre les effectifs et l’activité. Aucune ne permet aujourd’hui de mesurer de façon consolidée le temps de travail d’un médecin sur l’ensemble de ses activités et de ses modes d’exercice, libéral, salarié ou mixte.
Les enquêtes disponibles montrent une diminution du temps de travail déclaré au cours des dernières années, particulièrement documentée pour les médecins libéraux. La mission a exploité les données de l’Assurance maladie. Cette exploitation montre que le nombre de jours d’exercice libéral a diminué de 3 % à 8 % entre 2021 et 2025, avec des variations selon les spécialités étudiées. Cette évolution ne se traduit pas mécaniquement par une diminution équivalente de l’offre de soins. L’activité tend à s’intensifier et à se concentrer sur un nombre plus réduit de journées.
À l’hôpital public, le rapport constate un pilotage insuffisamment structuré du temps médical et une application non systématique de la réglementation. Les établissements recourent davantage au temps de travail additionnel et à l’intérim. La mission souligne la nécessité de mieux organiser et piloter la ressource médicale, à l’échelle des établissements comme des territoires.
Les propositions s’organisent autour de trois orientations. La première vise à améliorer la connaissance du temps de travail grâce aux données. La deuxième vise à mieux dimensionner et piloter la ressource médicale, notamment à l’hôpital public et à l’échelle territoriale. La troisième vise à évaluer les organisations, coopérations professionnelles et outils numériques susceptibles d’accroître le temps médical effectivement consacré aux patients.
L’exploitation porte sur les médecins généralistes et huit autres spécialités : anesthésie-réanimation, cardiologie, chirurgie, dermatologie, gynécologie, ophtalmologie, pédiatrie et psychiatrie. En 2025, les généralistes exercent en moyenne 205 jours en libéral, contre 222 en 2021, soit environ 4,4 jours par semaine. Les spécialistes du champ étudié exercent 184 jours, contre 191 en 2021. La part des praticiens exerçant quatre jours par semaine ou moins atteint 29 % chez les généralistes en 2025, contre 18 % en 2021.
Ce qui pose question
Le rapport ne fixe pas de calendrier : chacune de ses seize propositions porte un acteur désigné et un niveau de priorité de 1 à 3, sans date d’application. Il ne cite pas les textes qui porteraient ces mesures, même s’il nomme le levier envisagé pour plusieurs d’entre elles, comme un mécanisme de sanction fondé sur l’obligation légale d’alimentation du dossier médical partagé, ou l’interdiction des cycles de travail hebdomadaires inférieurs à 39 heures de temps clinique à l’hôpital public. La mission indique par ailleurs que l’activité des remplaçants n’est pas prise en compte de façon exhaustive : les nombres de jours d’exercice publiés constituent un majorant.
L'impact financier & organisationnel
Le rapport rend compte d’une intensification de l’activité sur un nombre réduit de journées. Il documente le dispositif d’aide à l’emploi d’un assistant médical, par lequel l’Assurance maladie finance tout ou partie du salaire d’un assistant chargé de décharger le médecin de certaines tâches administratives ou médico-administratives. La mission constate un recours plus important à cette aide dans les groupes de médecins dont l’activité s’est intensifiée entre 2021 et 2025. Elle rappelle qu’une étude de la Cnam de 2024 concluait à une hausse de la patientèle et du nombre d’actes par jour d’exercice chez les généralistes bénéficiaires, tout en relevant que ces médecins avaient déjà, avant le dispositif, une patientèle supérieure à la médiane. La mission conclut que ces constats ne permettent pas d’établir si l’assistant médical libère effectivement du temps médical, et qu’une évaluation plus formelle reste nécessaire.
Le regard du Cercle
Le rapport confirme une réalité de terrain pour les généralistes libéraux : des journées moins nombreuses mais plus chargées. Mesurer le temps médical disponible, plutôt que les seuls effectifs ou actes, devient une base utile pour organiser le cabinet. Les coopérations professionnelles et les outils numériques, dont la téléconsultation pour les renouvellements d’ordonnance et les suivis de pathologies chroniques stables, peuvent aider à dégager du temps clinique. Ils ne remplacent pas l’examen clinique dans les situations aiguës ou complexes.
Recommandations
Médecin généraliste libéral : Notez pendant trois mois votre nombre de jours d’exercice, puis rapportez le total annualisé aux 205 jours relevés en moyenne pour 2025 par le rapport Igas-IGF Le temps de travail des médecins, contre 222 jours en 2021.
Médecin exerçant en cabinet libéral : Tracez pendant une semaine les heures de fin de consultation et les actes réalisés, puis identifiez les journées de concentration d’activité pour déplacer les tâches administratives en dehors des plages de consultation.
Médecin traitant suivant des patients en ALD : Utilisez la téléconsultation pour les renouvellements d’ordonnance et les suivis de pathologies chroniques stables lorsque l’état clinique le permet, afin de réserver les créneaux de consultation au cabinet aux situations aiguës ou complexes.







