Télésanté 2026 : la Cnam lance ses Assises pour structurer l'offre, Sandra Reynaud en appui stratégique
Situation
La Caisse nationale d'Assurance Maladie (Cnam) et la Direction Générale de l'Offre de Soins (DGOS) ont lancé en juin 2025 les Assises de la télémédecine, avec pour objectif de remettre en janvier 2026 une feuille de route nationale pluriannuelle visant à structurer le développement de la téléconsultation.
Contexte
La télésanté a connu une expansion rapide depuis la crise Covid, mais son développement reste hétérogène et peu coordonné. Face à la pression financière croissante des affections de longue durée (ALD) qui représentent 122,8 milliards d'euros de dépenses remboursées en 2021, la Cnam cherche à optimiser l'organisation des soins. Sandra Reynaud, dont le profil LinkedIn indique une expérience dans le secteur santé/social et un poste au sein du cabinet du directeur général de la Cnam, participe à cette réflexion stratégique.
Ce qui est confirmé
Les Assises de la télémédecine sont officiellement lancées depuis juin 2025 avec une date butoir de janvier 2026 pour la remise des propositions. La Cnam et la DGOS associent professionnels de santé, patients, institutions et opérateurs. L'objectif est de définir une vision partagée autour de l'accès, de la qualité, de la coordination et de la territorialisation des soins. Parallèlement, 7 sociétés de téléconsultation sont agréées par le ministère et 53 solutions de télésurveillance certifiées par l'ANS.
Ce qui pose question
La soutenabilité financière du dispositif des ALD n'est pas garantie, avec une polarisation des remboursements vers ces patients. Le financement des formations de médiateurs numériques via France 2030 est gelé depuis février 2025. La coordination entre téléconsultation et offre de soins physique reste un défi organisationnel majeur, avec des risques de fragmentation des parcours. L'équité d'accès aux outils numériques pour les populations âgées ou précaires n'est pas assurée.
L'impact financier & organisationnel
La Cnam cherche à maîtriser les dépenses tout en développant la télésanté comme levier d'efficience. Les sociétés de téléconsultation agréées bénéficient d'un marché sécurisé, tandis que les médecins libéraux doivent s'adapter à de nouveaux modes d'exercice. Les patients en ALD, qui représentent la majorité des dépenses, pourraient voir leur parcours mieux coordonné, mais avec un risque de standardisation excessive. La formation des professionnels et l'équipement numérique des territoires nécessitent des investissements dont le financement n'est pas totalement sécurisé.
Le regard du Cercle
La démarche des Assises est pragmatique : après une phase d'expansion rapide, il s'agit maintenant de structurer l'offre pour éviter les dérives. La présence de Sandra Reynaud, avec son double ancrage territorial et administratif, symbolise cette volonté de concilier vision nationale et réalités locales. Cependant, le calendrier serré (janvier 2026) et les contraintes budgétaires pourraient limiter l'ambition des propositions. La vraie question est moins technologique qu'organisationnelle : comment intégrer la télésanté dans des parcours cohérents sans alourdir la charge administrative des soignants ?
Recommandations
Pour les médecins : anticiper les évolutions des recommandations issues des Assises en testant dès maintenant des outils de téléconsultation certifiés. Vérifier systématiquement les éventuels restes à charge pour les patients lors des téléconsultations, notamment pour les actes non conventionnés. Intégrer dans le dossier patient une mention claire des téléconsultations réalisées pour assurer la continuité des soins avec les autres intervenants.
Sources
Traçabilité : Presse Médicale (La Médicale, ameli.fr)







