Salaire des infirmiers en 2026 : une revalorisation partielle qui maintient les inégalités structurelles
Situation
En 2026, la rémunération des infirmiers français reste profondément fragmentée entre secteur public, privé et libéral, avec des écarts significatifs malgré les revalorisations annoncées.
Contexte
Le décret du 29 septembre 2021 a réformé la carrière des infirmiers de la fonction publique hospitalière, établissant des grilles indiciaires distinctes pour les grades 1 et 2. L'avenant 11 à la convention nationale des infirmiers libéraux, signé en mars 2026, prévoit une hausse progressive de 9,5% de la lettre-clé AMI.
Ce qui est confirmé
Dans la fonction publique hospitalière, un infirmier en soins généraux (grade 1) débute à 1 944,50 € brut mensuels hors primes et peut atteindre 3 337,65 € brut en fin de carrière. Les infirmiers spécialisés (grade 2) commencent à 2 102,03 € brut et montent jusqu'à 3 578,86 € brut. En libéral, les tarifs conventionnels incluent AMI à 3,15 € et des majorations nocturnes jusqu'à 18,30 €.
Ce qui pose question
La lisibilité des rémunérations dans le privé reste faible, dépendant de conventions collectives hétérogènes. L'écart entre traitement de base et rémunération réelle (avec primes) crée une opacité pour les professionnels. La revalorisation de 9,5% pour les libéraux, étalée sur deux ans, ne compense pas nécessairement l'inflation et la charge administrative croissante.
L'impact financier & organisationnel
Le système actuel génère des flux financiers complexes : l'État finance directement les salaires publics via les hôpitaux, tandis que les libéraux sont rémunérés par l'Assurance Maladie via des actes tarifés. Les établissements privés naviguent entre conventions collectives et accords locaux. Cette fragmentation pèse sur l'attractivité du métier et favorise les inégalités territoriales d'accès aux soins.
Le regard du Cercle
La revalorisation des infirmiers libéraux via l'avenant 11 constitue une avancée technique mais limitée. Elle ne résout pas les déséquilibres structurels entre secteurs, ni la charge mentale liée à la gestion administrative des honoraires. La promesse d'une meilleure rémunération reste partielle, car elle ne s'attaque pas aux racines de la pénurie : conditions de travail et reconnaissance professionnelle.
Recommandations
Dans les structures employant des infirmiers : clarifier par écrit les éléments variables de rémunération (primes, majorations) pour éviter les malentendus.
Médecin libéral prescrivant des soins infirmiers à domicile : Lors de chaque prescription d'actes infirmiers, vérifier sur ameli.fr si l'acte est intégralement pris en charge (ALD, ACS, CMU-C) ou soumis à ticket modérateur, et consigner cette vérification dans le dossier médical afin de pouvoir répondre à toute contestation de remboursement dans les délais légaux (2 ans).
Sources
- ameli.fr
- Tarifs conventionnels infirmiers libéraux, Ameli
- Décret n°2021-1259 du 29 septembre 2021, Légifrance
Traçabilité : Presse spécialisée (CFDT Interco, La Ruche des infirmières)










